Emma se réveille lentement de sa sieste, toujours avec Mallow sur elle, qui dort paisiblement.

Elle regarde l’heure, 16h… parfait pour aller faire un tour en ville et voir si le vieux Michele est ouvert ce soir. Elle grignote quelques cerises et se met en route.

Le vieux Michele est ouvert, elle entre, lui sourit un peu gênée.

– Ah ? Te revoilà ?
– Oui… je… j’ai parlé avec Ernesto du cyber café…
– Oui il m’a dit ! Il t’apprécie beaucoup visiblement !
– Ah ? Mais je lui ai parlé ce matin seulement…
– Tout se sait très vite ici Piccolina… Donc tu veux un travail ?
– Oui Ernesto m’a dit que vous…
– Ah non ici on ne dit pas vous !
– Ah… bien… Il m’a dit que tu pourrais peut-être m’aider dans ma recherche…
– Tu veux faire quoi exactement ?
– N’importe quoi, je m’adapterai et j’apprendrai.
– Ici les emplois sont pénibles, pas comme chez toi…
– Si tu savais ce que j’ai déjà fait pour payer mon loyer… Ne t’inquiète pas, ça devrait aller.
– Très bien. Reviens demain, à 9h. Tu auras du travail.
– Merci Michele, Merci beaucoup !
– De rien Piccolina… Tu sais où dormir ?
– Je suis à l’hôtel près de la gare pour l’instant, avec mon chat.
– Va au 10 Marino Brancaccio… un peu plus loin dans cette direction…
– Oui je vois, je suis passée par cette rue pour venir, il y a quoi ?
– Des demoiselles, étrangères, elles cherchent une dernière personne pour compléter le loyer. La propriétaire n’est pas très réglo mais ça ira en attendant de trouver mieux je pense.
– D’accord… Merci beaucoup, c’est vraiment très gentil !

Elle était sur un petit nuage… Elle n’avait jamais été au contact de gens aussi gentils. Habituellement, les personnes qu’elle rencontrait étaient hautaines, méprisantes, limite insultantes. Et là… ils ne la connaissent même pas mais l’aident, l’orientent.

Emma se dirige vers la rue indiquée par le vieux Michele… Elle se questionne encore pourquoi qualifier une personne de “vieux” ? Pourquoi simplement pas “Michele” ? Elle avait compris que son surnom ici serait Piccolina aussi… les nouvelles vont vraiment vite.

Elle sonne à la porte, elle entend une voix… française.

– Oui ?
– Je… Bonjour, je m’appelle Emma et le vieux Michele m’a dit que vous cherchiez une colocataire, alors…

La porte s’ouvre. Elle découvre un escalier, elle monte les marches lentement, arrive face à une petite porte, sur sa gauche l’escalier continue et donne sur une porte blanche plus grande. La grande porte blanche s’ouvre.

– Salut, moi c’est Alexandra, viens entre… Donc tu peux venir quand tu veux, ta chambre sera celle du fond, à droite.

Emma est dans un petit hall. Sur sa gauche, une porte donnant sur une salle de douche avec un WC et deux lavabos. Au fond une autre porte, Alexandra lui explique que c’est sa chambre. Sur sa droite une porte, c’est la chambre de la petite Sophie. La chambre de la grande Sophie, elle, était juste à côté de cette de la petite Sophie. Elle devait passer soit par une chambre, soit par l’autre pour entrer dans la sienne.

– Elle devra passer parfois dans ta chambre pour entrer dans la sienne, ça te gêne ?
– Non… vous tolérez les animaux ? Je peux pas laisser mon chat…
– Nous oui faudra voir avec la proprio… je l’appelle…

Alexandra parlait un italien parfait. La propriétaire arrivait visiblement.

– Elle arrive… alors je te préviens juste : quand nous sommes toutes ici, on bloque la porte d’entrée sinon la proprio vient. On sait qu’elle passe aussi quand on n’est pas là mais là on ne peut rien y faire.
– Mais… ce n’est pas légal non ?
– Non mais on va pas changer les serrures quand même ?!
– Et pourquoi pas ?
– Tu sais faire ça ?
– Je pense que oui…

Elles avancent dans le couloir, sur la gauche d’Emma se trouve une petite porte coulissante derrière laquelle se trouvent un WC et un lave-mains. Au bout du couloir, une cuisine avec une table, quatre chaises, une machine à laver, un petit meuble, un frigo, une cuisinière et un évier. Dans la cuisine, sur la droite, à côté du frigo, se trouve une porte.

– C’est ta chambre. Attention c’est spartiate…

Elle y découvre un petit lit, un petit tabouret qui sert de table de nuit et une étagère. Il y a une grande fenêtre qui donne sur un balcon. Elle s’y approche, regarde par la fenêtre et voit qu’elle a une vue directe sur la rue. La rue est très étroite, on pourrait se passer des plats de balcons en balcons.

– Tu prends ?
– Le loyer est de combien ?
– 200€ par mois.

La porte s’ouvre. Une dame d’une cinquantaine d’années entre, sans avoir sonné.

– Je me permets !
– Voici Emma, je lui fais visiter les lieux.
– C’est 200€, pas de fête ici, on n’invite pas de garçon surtout, je connais les garçons et vous êtes des jeunes filles, je ne voudrais pas qu’il vous arrive malheur, Dieu ne me le pardonnerait jamais.
– Les chats ? je peux prendre mon chat ?
– Pour les chats c’est un supplément de loyer de 100€.
– Alors non. Je ne viens pas pour une chambre à 300€ alors que je peux loger ailleurs pour moins cher. Tant pis.

Emma se dirige vers la porte d’entrée. La dame la rattrape.

– Bon très bien, 200€ avec le chat, mais s’il fait la moindre bêtise tu en es responsable et tu paies. Tout se paie en liquide ici. Ah et il y a une caution de 200€.
– D’accord. Je vais chercher l’argent et je reviens.

Mais elle savait très bien que Mallow était sage. Alexandra et la propriétaire accompagnèrent Emma vers un distributeur de billet qui se trouvait de l’autre côté de la Porta San Biaggio. Emma retira l’argent, le donna à la propriétaire qui lui donnait un reçu manuscrit.

Elle serra la main de la propriétaire et dit à Alexandra qu’elle va chercher son chat et ses affaires et qu’elle arrive.
Emma retourne à son hôtel, règle la note et dit qu’elle revient rendre les clés. Elle se dépêche de prendre Mallow, de le mettre dans son sac de transport, prend son sac de fruits, sa valise, fait vite fait le tour pour récupérer tout ce qu’il y a à récupérer et quitte la chambre. Elle donne les clés à la réceptionniste et la remercie de son accueil.

Emma n’arrive pas contenir son excitation, tout était si simple pour une fois, ça en était presque trop beau, trop beau pour être vrai.

Elle arrive enfin à l’adresse, sonne et entre avec l’aide d’Alexandra et des deux Sophie qui étaient rentrées entre temps.

– Bon bah, bienvenue chez toi !
– Merci beaucoup !

Elle dépose Mallow dans sa chambre, lui remet eau, croquettes et litière…

– Je vais aller chercher de la vraie litière pour Mallow…
– Attend on vient avec toi, on va te faire visiter vite fait en bus !

Les Quatre filles partent au centre commercial le plus proche, en bus, et en profitent pour acheter le nécessaire pour la semaine (sauf les fruits et légumes qu’elles achètent directement aux petits producteurs), de vraies gamelles pour Mallow, de la litière et un sac de courses à roulettes pour porter tout ça.

Emma se sentait de mieux en mieux, elle ne regrettait pas du tout son voyage. Demain elle devrait avoir un emploi… sûrement pénible, mais un emploi est un emploi après tout… Tant que ça lui permet de payer son loyer et les croquettes de Mallow ça lui irait, elle le sait bien.

Après avoir passé la soirée à faire connaissance avec les filles, Emma part se coucher avec Mallow qui ronronne déjà.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.