Une fois dans la voiture, elle tentait d’appeler ses parents.

– Cherche pas, les réseaux ont été touchés.
– Mais merde…

Ils roulaient sans trop savoir où ils allaient aller…

– Peut-être que les petits villages ont été épargnés ?
– Peut-être… on peut toujours aller voir.

L’un comme l’autre ne semblait pas convaincu. Et, contre toute attente, ils arrivèrent dans un petit village de France qui n’avait visiblement pas été touché.

– Arrête toi, j’vais faire le plein de conserves, de croquettes et de flotte.
– Je vais en profiter pour mettre de l’essence tant qu’on peut.
– Tu fais gaffe à Groucha ? Il semble stressé… faudrait pas qu’il se barre…
– T’inquiètes.

Alors que Lucie se précipitait dans le supermarché, Victor se dirigeait vers les pompes à essence.

Elle prit un caddie et s’empressa de le remplir avec des conserves et tout ce qui est non périssable. Elle ne trouvait pas la marque de croquettes pour son chat… tant pis elle en prit quelques paquets, elle alla prendre aussi un bac et des sacs de litières… et de l’eau.
Elle finit avec deux bouteilles de rhum brun parce qu’après tout, ils allaient en avoir besoin.

Au passage en caisse, le monsieur lui demanda :

– Mais, vous avez peur d’une guerre ?
– Je… Vous n’avez vraiment rien eu ?
– Ah ah qu’est ce qu’il se passe ?
– Je viens du pays voisin… des… des bombes, partout, tout a été détruit… plus de ré…

Elle regarda son téléphone… du réseau… et de la 4G en plus…
– Vous avez la radio ?
– Oui bien sûr, mais rien n’a été dit sur les ondes à propos d’un bombardement, ah ah !

Elle se dépêcha de tout ranger dans son caddie et de courir à la voiture. Dans le même temps elle tenta de joindre ses parents… sans succès.

– Vic ! C’est le délire… ici il y a réseau, radio tout ! Et visiblement aux infos ils ne parlent pas de ce qu’il s’est passé, rien… mais pourquoi ?
– On va repartir, on cherchera dans la voiture.

Victor alluma la radio… mais rien. Personne n’en parlait.

– Mais pourquoi ?
– Je sais pas… va falloir trouver, mais vaut mieux être loin.

Ils reprirent la route.

– La honte, Groucha il ronfle…
– Tu lui as trouvé des croquettes ?
– Ouais dans le coffre… J’ai pris du rhum aussi, je me suis dit qu’on en aurait besoin ce soir…
– Bonne idée… d’ailleurs, on dort où ? Il se fait tard…
– J’sais pas… on va tenter de trouver un truc… Tiens regarde, visiblement ils louent des appartements à la nuit… on peut s’en prendre un et on voit demain ?
– Ok, c’est parti.

Il était tard, ils étaient fatigués et avaient besoin de réfléchir à quoi faire. Ils étaient un peu perdus face à tout ça… Comment était-ce possible de passer à côté de bombardements ? Avaient-ils simplement rêvé ? Ou peut-être était-ce simplement une blague ? Une très mauvaise blague ?

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